Version approuvée par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques le 26 août 2016. Cette version n'est pas mise à jour en continu.

4.3 Conflits de valeurs

Description de la problématique

Dans le domaine de l’environnement, un conflit de valeur est défini comme une discontinuité entre la poursuite d’un développement écologique durable ainsi que des valeurs, des besoins sociaux et économiques (Compagnon, 2001). Le fait de prioriser le développement résidentiel par rapport à la préservation de l’environnement en est un bon exemple.

Une revue de l’actualité des dernières années permet d’identifier certains conflits de valeur persistants parmi la population du territoire de l’OBV de la Capitale. Le plus évident réside au niveau de l’implantation de bandes riveraines en bordure des plans d’eau qui suscite encore de nombreuses résistances auprès de la population. L’utilisation d’embarcations à moteur sur les lacs est également un sujet controversé duquel on pourrait dégager une tendance vers le conflit de valeur.

Revégétalisation de la bande riveraine

L’adoption du Règlement de l’agglomération sur la renaturalisation des berges du lac Saint-Charles illustre bien les tentions existantes par rapport à l’enjeu de la revégétalisation des bandes riveraines. Ce règlement, adopté en 2008 pour protéger la source principale d’eau potable de la ville de Québec, a été contesté par un groupe de propriétaires riverains qui furent finalement déboutés en cour (Benjamin, 2010). Ceux-ci s’opposaient au règlement, qu’ils jugeaient trop contraignant et voyaient comme une atteinte à leur droit de propriété. On peut dire ici que leurs valeurs quant aux droits à la propriété privée s’opposaient aux valeurs de protection du lac et des usages récréatifs et utilitaires qui y sont associés et qui ont justifié la mise en place du règlement.

Selon certaines sources œuvrant dans le milieu au lac Saint-Augustin, la perception des riverains sur les bandes riveraines pourrait également constituer un conflit de valeur à cet endroit. En effet, certains propriétaires seraient plus enclins à entretenir un gazon coupé jusqu’au bord de l’eau plutôt que de maintenir une bande de protection riveraine végétale. Ces commentaires de riverains ont été recueillis au moment de la mise en œuvre du programme de renaturalisation des rives du lac Saint-Augustin mis en place par la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures en 2009, 2010 et 2011.

Embarcations à moteur

Au lac Saint-Augustin, on pourrait également parler de conflit de valeurs en ce qui a trait à l’utilisation d’embarcations à moteur. Leur utilisation est en effet permise  alors que le lac Saint-Augustin présente depuis plusieurs années des éclosions de fleurs d’eau de cyanobactéries. L’utilisation de bateaux à moteur provoque le brassage des sédiments du fond du lac et dans ce cas précis, ces sédiments sont la principale source de phosphore au lac Saint-Augustin. Ainsi, le brassage remet en circulation le phosphore dans la colonne d’eau. Un projet de restauration du lac actuellement à l’étude impose l’interdiction de bateaux à moteur, ce qui fait l’objet de vifs débats parmi les utilisateurs et les riverains.

Les embarcations à moteur sont également permises au lac Beauport malgré le fait que ce lac se situe dans le bassin versant de la prise d’eau potable de la Ville de Québec localisée dans la rivière Saint-Charles. Les impacts de l’utilisation d’embarcations à moteur n’ont pas été documentés à ce jour. Or, dans un souci de protection de la prise d’eau, et selon le principe de précaution, l’utilisation des embarcations à moteur sur le lac Beauport pourrait être remise en question et ainsi accentuer un conflit de valeur déjà présent.

 

Références

BENJAMIN, G., 2010. Rives du lac Saint-Charles: la Cour maintient le règlement de la Ville. Le Soleil, 09 avril 2010. En ligne: http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201004/08/01-4268641-rives-du-lac-saint-charles-la-cour-maintient-le-reglement-de-la-ville.php utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4411095_article_POS1. Consulté le 16 février 2015.

Compagnon, D., 2001. La conservation de la biodiversité, improbable bien public mondial, Colloque «Les biens publics mondiaux », 25 et 26 octobre 2001, AFSP/Section d’Études Internationales, France. En ligne: www.afsp.msh-paris.fr/archives/archivessei/biensmondtxt/compagnon.pdf. Consulté le 16 juillet 2013.

Mis à jour le 16 février 2015