Version approuvée par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques le 26 août 2016. Cette version n'est pas mise à jour en continu.

4.2 Conflits et pertes d’usages

Description de la problématique

Les conflits d’usages

Lorsque plusieurs usages se pratiquent sur un lac ou un cours d’eau, certains peuvent entrer en conflit. L’exemple le plus évident de cette problématique est sans doute la navigation des bateaux à moteur. Cette activité peut constituer une nuisance pour d’autres types d’usagers qui désirent profiter du calme d’un lac pour y naviguer avec une embarcation non motorisée ou simplement pour la détente. La présence de barrages peut également constituer une barrière pour la pratique de la navigation.

Cette section du diagnostic porte donc en partie sur ces conflits d’usages recensés sur le territoire. La liste peut ne pas être exhaustive, mais les endroits les plus stratégiques sont ciblés.

Pertes d’usages

La qualité de l’eau est un facteur déterminant pour les usages sur un plan d’eau. Il en va des activités récréatives de contact primaire (baignade, planche à voile, etc.) ou le corps est régulièrement en contact direct avec l’eau et de contact secondaire (canot, kayak, pêche, etc.) où le contact avec l’eau est moins fréquent.

D’autres activités ne nécessitent pas nécessairement d’entrer en contact direct avec l’eau, mais la qualité du contact visuel peut être altérée en raison d’une mauvaise qualité de l’eau. Des critères visant la protection de l’esthétique ont été établis pour certains paramètres de qualité de l’eau.

Des critères de qualité de l’eau de surface pour la protection des activités récréatives et de l’esthétique existent pour plusieurs indicateurs de la qualité de l’eau. Les coliformes fécaux, le phosphore total  et la turbidité sont les seuls critères utilisés dans cette section du diagnostic pour discuter des pertes d’usages à certains endroits du territoire. Toutefois, il ne faut pas exclure le respect de l’ensemble des critères nécessaire à la pratique des activités récréatives.

Deux critères s’appliquent au premier indicateur, les coliformes fécaux, afin de prévenir les risques pour la santé liés au contact direct ou indirect avec l’eau. Les coliformes fécaux ne doivent pas se trouver en concentration supérieure ou égale à  200 UFC/100 ml pour les « activités de contact primaire comme la baignade et la planche à voile ». Pour la surveillance des plages publiques, la moyenne géométrique d’un minimum de six échantillons prélevés lors d’un même échantillonnage ne doit pas dépasser 200 UFC/100 mL et pas plus de 10 % des échantillons ne doit excéder 400 UFC/100 mL.  Pour les plages où moins de dix échantillons sont prélevés, pas plus d’un échantillon ne doit excéder 400 UFC/100 mL » (Gouvernement du Québec, 2002). La concentration ne doit pas dépasser 1000 UFC/100 ml pour les « activités de contact secondaire comme la pêche sportive et le canotage » (Gouvernement du Québec, 2002).

Quant aux deux autres, le phosphore total et la turbidité, ils visent à protéger les cours d’eau contre les impacts visuels négatifs. Le critère retenu pour phosphore total (0,03 mg/L) « vise à limiter la croissance excessive d’algues et de plantes aquatiques dans les ruisseaux et les rivières » (Gouvernement du Québec, 2002). Ensuite, la « turbidité de l’eau ne doit pas dépasser de plus de 5,0 uTN  la turbidité naturelle lorsque celle-ci est faible (< 50 uTN) » (Gouvernement du Québec, 2002). La turbidité est prise en compte dans l’évaluation de la visibilité et de la sécurité des nageurs qui doivent voir distinctement sous l’eau et être repéré par les sauveteurs en cas de détresse (CCME, 2008).

Outre la qualité de l’eau, le paysage environnant un plan d’eau peut s’avérer un facteur déterminant dans le choix par les usagers d’y pratiquer une activité. Les barrages, les industries, les routes ou les coupes forestières, par exemple, sont des éléments qui réduisent l’attractivité que peut avoir un plan d’eau sur le plan esthétique.

Distribution des problèmes sur le territoire

Bassin versant Localisation spécifique Description du problème Statut
Saint-Charles Basse rivière Saint-Charles La mauvaise qualité de l’eau limite la pratique d’activités récréatives. Existant
La patinoire sur la rivière Saint-Charles a été fermée en 1998. Existant
Lac Beauport Sur le lac Beauport, bon nombre de sports nautiques motorisés sont pratiqués, entraînant des conflits d’usages avec les sports non motorisés, la pêche et la baignade. Perçu
Cap Rouge Rivière du Cap Rouge Les embarcations ne peuvent circuler librement sur la rivière du Cap Rouge en raison de la présence du seuil au fil de l’eau près du pont de Gaudarville. Existant
Saint-Augustin Lac Saint-Augustin La baignade est interdite en raison de la présence de cyanobactéries Existant

Bassin versant de la rivière Saint-Charles

Basse Saint-Charles – qualité de l’eau

Nature du problème

La pratique d’activités de contact primaire et secondaire ne peut se faire de façon complètement sécuritaire dans la basse Saint-Charles.

Cause (s) du problème

Depuis 1994, la médiane annuelle des concentrations en coliformes fécaux mesurée à la station du pont Dorchester dans le cadre du suivi Réseau-rivières dépasse en tout temps le critère de qualité de l’eau pour les activités de contact primaire comme la baignade (200 UFC/100 ml) et de manière régulière celui pour les activités de contact secondaire (1000 UFC/100 ml).

Figure 4.2.1 : Médiane annuelle des concentrations de coliformes fécaux mesurées dans la rivière Saint-Charles à la station du pont Dorchester de 1994 à 2011 (MDDEFP, 2012)

Figure 4.2.2 : Médianes mensuelles des concentrations de coliformes fécaux mesurées à partir des données récoltées de 2009 à 2011 dans la rivière Saint-Charles à la station du pont Dorchester (MDDEFP, 2012)

Ces activités sont pratiquées durant la belle saison et durant la période libre de glace. La présence de coliformes fécaux en concentrations supérieures à 200 UFC/100 ml empêche la baignade durant les mois d’été. De 2009 à 2011, durant les mois de juin et juillet, 100 % des échantillons dépassent le critère pour la baignade et durant le mois d’août, 67 % des  échantillons dépassent ce critère.

Les concentrations médianes mensuelles en coliformes fécaux de 2009 à 2011 sont supérieures à 1000 UFC/100 ml pour les mois de juillet et août. Pour chacun des mois de juillet et août, entre 2009 et 2011, 2/3 échantillons dépassent le même critère pour les activités de contact secondaire. Pour le mois de juin, entre 2009 et 2011, seule la concentration de 2011 dépasse le critère de 1000 UFC/100 ml. En effet, au mois de juin 2011, la concentration mesurée en coliformes fécaux est de 3000 UFC/100 ml.

Les activités récréatives peuvent être limitées par la turbidité. Celle-ci ne doit pas dépasser de 5,0 UTN la turbidité naturelle de l’eau lorsque celle-ci est faible (<50 UTN). La turbidité naturelle de la rivière Saint-Charles est évaluée à 1,5 UTN qui correspond à la valeur médiane mesurée au pont de la rue Delage à la décharge du lac Saint-Charles entre 1998 et 2011. Le critère de qualité de l’eau de surface pour la protection des activités récréatives dans la rivière Saint-Charles est dont de 6,5 UTN.

Figure 4.2.3 : Médianes mensuelles de turbidité mesurées à partir des données récoltées de 2009 à 2011 dans la rivière Saint-Charles à la station du pont Dorchester (MDDEFP, 2012).

Depuis 1994, la médiane annuelle des valeurs de turbidité mesurée à la station du pont Dorchester dans le cadre du suivi Réseau-rivières dépasse en tout temps le critère de qualité de l’eau pour les activités récréatives (6,5 UTN) depuis 2006. Seules les valeurs médianes mensuelles des mois d’octobre et de novembre mesurées entre 2009 et 2011 se situent en deçà de ce critère pour la station du pont Dorchester.

D’autres paramètres comme le phosphore, les huiles et les débris nuisent à la pratique d’activités récréatives dans la basse rivière Saint-Charles. Les coliformes fécaux et la turbidité sont les plus évidents et les plus primordiaux.

Effet (s)

Les activités de contact primaire ne peuvent être pratiquées dans la basse rivière Saint-Charles et des risques pour la santé sont encore présents en ce qui concerne la pratique d’activités de contact secondaire qui ne peuvent donc pas être pratiquées de manière sécuritaire.

La turbidité empêche la baignade pour des raisons de sécurité des baigneurs et de leur capacité à voir de façon correcte sous l’eau. L’esthétique de la basse rivière Saint-Charles est affectée par cette turbidité, ce qui rend la pratique d’activités, tant sur l’eau que sur les rives, moins agréable.

Le réseau d’usagers pour la pratique de contact secondaire est informel. Ils ne peuvent avoir accès à de l’information sur les dépassements du critère de qualité de l’eau. De plus, aucun service approprié ne leur est livré, comme la location d’embarcations et d’équipements par exemple, en dehors de rampes de mise à l’eau.

Le potentiel existant pour la tenue à plus grande échelle de ce genre d’activités n’est pas exploité. L’attractivité du centre-ville de Québec pourrait être élargie si un volet nautique était ajouté au Parc linéaire de la rivière Saint-Charles.

Basse Saint-Charles – patinoire

Nature du problème

La patinoire de près de 3 km qui a été créée sur la rivière Saint-Charles en 1976, a été définitivement abandonnée après l’hiver 1998.

Cause (s) du problème

Malgré des débuts prometteurs, l’affluence à la patinoire a baissé d’une année à l’autre. La patinoire qui accueillait plus de 400 000 visiteurs à ses débuts n’en a plus que 20 000 en 1992 et ce chiffre a continué à diminuer dans les années suivantes. Le fait que le Carnaval de Québec ait migré vers la Haute-Ville serait une des causes du déclin de la patinoire, jumelée à des températures hivernales plus clémentes. En outre, le déversement des eaux d’égout dans la rivière amène des odeurs nauséabondes, mais également un réchauffement de l’eau qui fragilise la glace.

Effet (s)

La fermeture de la patinoire a entrainé une perte de contact entre les citoyens et la rivière. Il y a toutefois lieu de s’interroger sur l’intérêt de ramener cette activité sur la rivière, maintenant que les berges ont été renaturalisées, que l’environnement est plus agréable, et que les débordements d’eaux usées sont beaucoup moins fréquents depuis la mise en oeuvre du programme de dépollution.

Lac Beauport

Nature du problème

Sur le lac Beauport, bon nombre de sports nautiques motorisés sont pratiqués, entraînant des conflits d’usages avec les sports non motorisés, la pêche et la baignade.

Cause (s) du problème

Les sports nautiques motorisés et les sports nautiques non motorisés se pratiquent tous deux dans un seul et même environnement, le lac Beauport. Les sports motorisés provoquent des mouvements sur l’eau et des vagues, parfois de grande amplitude. Les sports non motorisés requièrent des eaux plus calmes pour la sécurité des usagers. Ces derniers peuvent être incommodés par le passage à grande vitesse de bateaux à moteur.

Effet (s)

Les effets liés à la pratique de sports nautiques motorisés sur le lac Beauport et les conflits d’usage qui en résultent doivent être mieux documentés.

Bassin versant de la rivière du Cap Rouge

Rivière du Cap Rouge

Nature du problème

Le seuil au fil de l’eau près du pont de Gaudarville ne laisse passer que les marées supérieures à 5 m. Il fait obstacle aux embarcations d’un côté comme de l’autre empêchant ainsi les sports nautiques sur le plan d’eau (CBRCR, 2010).

Cause (s) du problème

L’origine de la présence du seuil sur la rivière du Cap Rouge non loin de son embouchure n’est pas connue ni son utilité.

Effet (s)

Les usagers qui voudraient remonter la rivière dans le cadre d’activité nautique ne peuvent le faire sur une longue distance, le seuil étant situé à environ 2 km de l’embouchure.

Bassin versant du lac Saint-Augustin

Lac Saint-Augustin

Nature du problème

La baignade est interdite en tout temps dans le lac Saint-Augustin. De plus, lors de l’été 2012, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures a recommandé aux usagers du lac Saint-Augustin d’éviter d’entrer en contact direct avec l’eau du lac lors de la pratique d’activités nautiques (Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, 2012).

Cause (s) du problème

On observe des éclosions de fleurs d’eau de cyanobactéries  depuis les années 60 au lac Saint-Augustin (Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, 2012). Les dangers pour la santé publique ont incité les gestionnaires à limiter la pratique de la baignade dans ce plan d’eau.

Effet (s)

Seules les activités de contact secondaire sont permises au lac Saint-Augustin et nombreuses initiatives pour mener à la restauration du lac sont prises par différentes instances et acteurs sur le territoire.

 

Sources

CONSEIL DE BASSIN DE LA RIVIÈRE DU CAP ROUGE (CBRCR). 2009. Portrait du bassin versant de la rivière du Cap Rouge.

CONSEIL CANADIEN DES MINISTRES DE L’ENVIRONNEMENT (CCME). 2008. Recommandation pour la qualité des eaux au Canada. 785 pp et 23 annexes.

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. 2002. Critères de qualité de l’eau de surface. En ligne: http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/criteres_eau/index.asp. Consulté le 13 décembre 2012.

LEMOINE, R., 2011. Histoire de la patinoire de la Saint-Charles (2): l’agonie de la patinoire. Blogue Monlimoulou.com. En ligne: http://blogue.monlimoilou.com/2011/histoire-patinoire-saint-charles-2/. Consulté le 5 mars 2013.

MDDEFP, 2012. Banque de données sur la qualité du milieu aquatique (BQMA), Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Direction du suivi de l’état de l’environnement.

ROUTIER, S., 1997. L’avenir de la patinoire de la rivière Saint-Charles, ville de Québec. Essai. Département d’aménagement. Faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels. Université Laval, Québec, 147 pages.

VILLE DE SAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES. 2012. Algues bleu vert : une cote B pour le lac Saint-Augustin.  Actualité municipale, 8 juillet 2012. En ligne: http://www.ville.st-augustin.qc.ca/elus-administration/actualite-municipale/2012/algues%20bleu%20vert. Consulté le 21 mars 2012.

Mis à jour le 16 février 2015.