5.13 Parcs municipaux, espaces de plein air et aires protégées

5.13.1 Aires protégées

Qu’est-ce qu’une aire protégée? (MDDEP, 2002)

En décembre 2002, le gouvernement du Québec adoptait la Loi sur la conservation du patrimoine naturel (LCPN) dans le but de concourir à l’objectif de sauvegarder le caractère, la diversité et l’intégrité du patrimoine naturel du Québec. Dans cette loi, on entend par aire protégée « Un territoire, en milieu terrestre ou aquatique, géographiquement délimitée, dont l’encadrement juridique et l’administration visent spécifiquement à assurer la protection et le maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles et culturelles associées ».

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) définit depuis 2008 une aire protégée comme « Un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés ». Tout territoire qui répond à l’une ou l’autre de ces définitions est considéré à titre d’aire protégée au Québec.

Une aire protégée vise d’abord l’atteinte d’objectifs de conservation des espèces et de leur variabilité génétique et du maintien des processus naturels et des écosystèmes qui entretiennent la vie et ses diverses expressions. Toute activité ayant cours sur le territoire ou sur une portion de territoire d’une aire protégée ne doit pas altérer le caractère biologique essentiel de l’aire protégée. En cas de conflit, la conservation de la nature est prioritaire.

En 1996, le gouvernement du Québec adoptait une Stratégie de mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique sur son territoire. Cette stratégie dont le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs coordonne la réalisation fixe déjà de grands objectifs liés aux aires protégées. Le Québec souligne ainsi que les aires protégées constituent l’un des éléments fondamentaux pour le maintien de la diversité des espèces, des écosystèmes et des ressources génétiques sauvages ainsi que pour l’atteinte d’objectifs de développement durable.

Les aires protégées apportent une grande variété de bénéfices sur les plans environnemental, écologique, scientifique, éducatif, social, culturel, spirituel et économique.

Sur le plan écologique, la production d’oxygène, la création et la protection des sols, l’absorption et la réduction des polluants, l’amélioration des conditions climatiques locales et régionales, la conservation des nappes aquifères, la régularisation et la purification des cours d’eau sont des exemples des bénéfices attribués aux aires protégées.

Les aires protégées sont des laboratoires en milieu naturel. Elles permettent en tout temps d’obtenir des données uniques sur le fonctionnement des écosystèmes et les espèces. Elles sont aussi des lieux par excellence pour la récréation de plein air, favorisant un bien-être physique et mental. Sur le plan économique, les aires protégées favorisent la diversification des économies locales et régionales. Elles contribuent à sauvegarder un potentiel biologique qui constitue une ressource naturelle renouvelable permettant le maintien d’activités, telles que la chasse, la pêche et le piégeage. De façon très significative, elles soutiennent l’industrie touristique et l’industrie écotouristique, qui sont en plein essor. De plus, les aires protégées représentent actuellement une des constituantes importantes de la gestion durable des forêts.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) reconnaît 6 catégories de gestion d’aires protégées.

Tableau 5.13.1.1 : Définition des catégories de l’UICN pour la gestion des aires protégées (Dudley, 2008)

Catégories de l'UICNNomPrincipales approches de gestion
IRéserve naturelle intégrale (Ia) ou zone de nature sauvage (Ib)Ia: protection intégrale des écosystèmes exceptionnels pour garantir la protection des valeurs de conservation.
Ib: protection intégrale d'une aire généralement vaste et intacte, aux fins de préserver son état naturel.
IIParc nationalVaste aire naturelle déliminitée pour protégée les processus écologiques, les espèces, les caractéristiques des écosystèmes d'une région et promouvoir l'éducation et les loisirs.
IIIMonument ou élément naturelAire vouée la protection d'éléments naturels spécifiques ainsi que de la biodiversité et des habitats associés.
IVAire de gestion des habitats ou des espècesAire qui vise à protéger, à maintenir et à restaurer des espèces ou des habitats particuliers. Une gestion active est possible en fonction de ces objectifs.
VPaysage terrestre ou marin protégéAire qui vise à protéger et à maintenir des paysages terrestres ou marins, la nature qui y est associée et les autres valeurs créées par les interactions avec les hommes et leurs pratiques de gestion traditionnelle. La sauvegarde de l'intégrité de ces interactions est vitale pour la conservation de la nature.
VIAire protégée où l'utilisation durable des ressources naturelles est permisesAure généralement vaste qui protège des écosystèmes naturels et des habitats ainsi que les valeurs culturelles et les systèmes de gestion des ressources naturells traditionnellement associés. Une certain proportion est soumise à une gestion durable des ressources naturelles compatible avec la conservation de la nature.
Y (sans catégorie)Aire protégée dont la catégorie UICN est présentement en évaluation
M (catégorie multiple)Aire protégée comportant plusieurs zones qui correspondent à plusieurs catégories UICN différentes

Selon le Registre des aires protégées au Québec, il y a 9 aires protégées sur le territoire de l’OBV de la Capitale (MDDEP, 2010).

Tableau 5.13.1.2 : Liste des aires protégées présentes sur le territoire

NomCatégorie UICNBassin versantDésignation
Boisé-de-MarlyIaBordure du fleuveHabitat d’une espèce floristique menacée ou vulnérable
Parc-de-la-Plage-Jacques=-CartierIaBordure du fleuceHabitat d’une espèce floristique menacée ou vulnérable
Plage Saint-LaurentVIBordure du fleuceHabitat faunique (aire de concentration d’oiseaux aquatiques)
Battures BeauportVIHabitat faunique (aire de concentration d’oiseaux aquatiques)
MontmorencyVIRivière BeauportHabitat faunique (aire de concentration d’oiseaux aquatiques)
Marais MontmorencyVIRivière BeauportHabitat faunique (aire de concentration d’oiseaux aquatiques)
BoischatelVIRivière BeauportHabitat faunique (aire de concentration d’oiseaux aquatiques)
l'Échappée-BelleYRivière Saint-CharlesRéserve naturelle reconnue
Marais-du-NordIIRivière Saint-CharlesRéserve naturelle reconnue

Aire de concentration d’oiseaux aquatiques

Un site constitué d’un marais, d’une plaine d’inondations dont les limites correspondent au niveau atteint par les plus hautes eaux, selon une moyenne établie par une récurrence de 2 ans, d’une zone intertidale, d’un herbier aquatique ou d’une bande d’eau d’au plus un kilomètre de largeur à partir de la ligne des basses eaux, totalisant au moins 25 hectares, caractérisé par le fait qu’il est fréquenté par des oies, des bernaches ou des canards lors des périodes de nidification ou de migration et où l’on en dénombre au moins 50 par kilomètre mesuré selon le tracé d’une ligne droite reliant les deux points du rivage les plus éloignés ou 1,5 par hectare; lorsque les limites de la plaine d’inondations ne peuvent être ainsi établies, celles-ci correspondent à la ligne naturelle des hautes eaux (MRNF, 2011b).

5.13.1.1 Rivière Saint-Charles

Figure 5.13.1.1.1 : Localisation des aires protégées du bassin versant de la rivière Saint-Charles

Marais-du-Nord

Le bassin de la rivière Saint-Charles n’abrite qu’un seul site protégé qui soit muni d’un statut légal assurant sa protection à perpétuité, la réserve naturelle des Marais-du-Nord, reconnue depuis septembre 2002 comme réserve naturelle en milieu privé. Situé autour de la baie Charles-Talbot au nord du lac Saint-Charles, ce site de 243 ha est une propriété de l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des marais du Nord (APEL). La réserve naturelle des Marais-du-Nord abrite une grande et riche diversité biologique. On y trouve une mosaïque dynamique de peuplements forestiers comme l’érablière rouge, la sapinière, la peupleraie et la bétulaie à bouleau jaune, mais aussi un milieu de transition entre la forêt et le milieu humide servant à l’alimentation de nombreuses espèces animales, dont les échassiers et la sauvagine. L’APEL a fait de ce site un milieu où l’on fait de l’éducation ainsi que la démonstration de l’importance des milieux humides et de la nécessité de les protéger. On ne peut donc y pratiquer que des activités éducatives et scientifiques et des activités de plein air extensives. Les activités de cueillette et de récolte ainsi que toute modification du milieu naturel y sont proscrites.

www.apel-maraisdunord.org

L’Échappée-Belle

Ce site privé de 1,3 hectare est reconnu depuis le 10 février 2010 comme réserve naturelle.

Forêt ancienne du Mont Wright

La Municipalité des cantons unis de Stoneham-et-Tewkesbury protège la forêt ancienne du mont Wright. Ce parc, d’une superficie de 190 ha, abrite en fait deux forêts anciennes : une érablière à bouleau jaune et hêtre et une bétulaie jaune à sapin, toutes deux reconnues comme étant des écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE) par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). Aucune activité de récolte n’y est autorisée, mais on y pratique la randonnée pédestre, l’escalade et des activités d’éducation. Le site est géré en partenariat par la Municipalité des cantons unis de Stoneham-et-Tewkesbury et par l’Association forestière Québec métropolitain (AFQM) (Lapointe et al., 2003). Plusieurs autres milieux sur le bassin versant de la rivière Saint-Charles sont protégés par les différentes autorités locales. Toutefois, aucune reconnaissance légale n’en garantit la protection à long terme.

Une forêt ancienne est un écosystème forestier où les arbres dominants ont largement dépassé leur maturité, compte tenu du milieu où ils croissent. Ces forêts possèdent une dynamique particulière et on les reconnaît aux arbres sénescents et morts de taille variable qui les composent, ainsi que par les troncs à divers stades de décomposition qui y jonchent le sol. Selon toute apparence, elles n’ont été que peu affectées par l’humain au cours des dernières décennies (MRNF, 2011a).

5.13.1.2 Rivière Beauport

5.13.1.2.1 Localisation des aires protégées du bassin versant de la rivière Beauport

5.13.1.3 Bordure du fleuve

5.13.1.3.1 : Localisation des aires protégées du bassin versant de la bordure du fleuve

Boisé de Marly

Situé à l’extrémité ouest de la Pointe-de-Sainte-Foy, il couvre une superficie de 15,6 ha. Le parc est localisé à cheval entre le bassin versant de la rivière Cap Rouge et de la bordure du fleuve Saint-Laurent. Avec le boisé des Compagnons-de-Cartier, ils constituent le dernier espace boisé encore présent d’une grande forêt qui recouvrait autrefois toute la pointe de Sainte-Foy. Sa flore arborescente est constituée de plusieurs peuplements feuillus : une érablière à sucre, une chênaie rouge à chêne rouge et à érable à sucre, une hêtraie, une frênaie et quelques vieux spécimens de pin blanc. On y retrouve une centaine d’espèces d’oiseaux, dont une trentaine qui y niche (AF2R, 2011). Il possède la vocation de parc récréo-touristique et de conservation depuis 1988. En effet, le boisé de Marly et le secteur du parc de la Plage Jacques-Cartier sont reconnus comme aires protégées par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs en tant qu’habitats d’une espèce floristique menacée ou vulnérable (Ville de Québec, 2006b).

5.13.2 Parcs municipaux et espaces de plein air

À la formation de la nouvelle ville en 2002, la Ville de Québec a décidé de se doter d’un Plan directeur pour la protection et la mise en valeur de la forêt urbaine et des milieux naturels. L’un des premiers ouvrages réalisés dans le cadre de l’élaboration de ce plan directeur est le Répertoire des milieux naturels d’intérêt de Québec. Les objectifs ciblés par ce répertoire sont de réaliser une première sélection des milieux d’intérêt et de documenter les diverses caractéristiques de ces milieux, tant écologiques, sociales que juridiques. Il répond ainsi aux premiers objectifs du plan directeur qui consistent à :

– identifier les boisés urbains et les milieux naturels de grande valeur situés sur le territoire de la ville de Québec, et ce, sur terrains privés et publics;

– caractériser chacune des entités retenues et en définir les potentiels;

– élaborer un plan de protection et de mise en valeur pour chacune des entités retenues;

– définir des critères favorisant la conservation d’arbres en place lors de projets de développement.

La sélection des sites s’est appuyée sur l’analyse de leur valeur écologique et sociale. Ainsi, 87 sites ont été répertoriés.

Figure 5.13.2.1 : Localisation des principaux parcs sur le territoire de la Ville de Québec

5.13.2.1 Rivière Saint-Charles

Il existe une grande diversité dans la physionomie des parcs sur le territoire et l’on trouve parmi eux des espaces remarquables. Les plus connus sont les marais du Nord et la forêt ancienne du mont Wright, qui apparaissent d’ailleurs dans le répertoire des milieux naturels d’intérêt de la ville de Québec (Ville de Québec, 2005). Les autres parcs sont le parc linéaire de la rivière Saint-Charles, le parc Chauveau, le parc de l’Escarpement, le parc de la Montagne-des-Roches, la Base plein-air de Sainte-Foy et le parc de la falaise et de la chute Kabir Kouba.

Parc linéaire de la rivière Saint-Charles

La rivière Saint-Charles est un couloir vers les milieux naturels environnant la ville de Québec. Afin de mettre en valeur cette connexion directe avec la nature, un projet de création de parc linéaire le long de la rivière Saint-Charles et de son affluent, la rivière du Berger, a vu le jour. L’objectif global de la création du parc linéaire est l’appropriation par la population des parcs urbains par la valorisation du potentiel récréatif des berges et des parcs, notamment pendant l’hiver.

Historiquement, les berges de la rivière Saint-Charles ont subi plusieurs transformations. L’ensemble de ces changements de paysage est décrit dans la section historique de ce portrait. Pour en résumer l’essentiel, préalable à la réalisation du parc linéaire, la renaturalisation de la rivière consistait à enlever les murs bétonnés sur plus de quatre kilomètres de chaque côté de ses rives. Le béton a été remplacé par de la bonne terre sur laquelle ont été plantés arbres, arbustes et plantes herbacées

Aujourd’hui, le parc linaire de la rivière Saint-Charles représente un sentier aménagé de plus de 32 km. Il chemine le long de la rivière, de sa source au lac Saint-Charles à son embouchure dans le fleuve Saint-Laurent. Tous les parcs et boisés urbains d’importance situés sur les rives de la rivière Saint-Charles se rencontrent le long de son parcours. Quelques sites historiques jalonnent également le sentier, afin de nous faire découvrir l’évolution des sites au fils du temps. Le sentier est accessible en toutes saisons sur la presque totalité de son parcours, que ce soit pour pratiquer la randonnée pédestre ou pour la raquette. Il est également possible de faire du vélo dans une partie du trajet aménagée en piste multifonctionnelle des deux côtés de la rivière. Un service de navette est offert afin de rallier les différentes parties du sentier (Ville de Québec, 2011a).

Parc Chauveau

Vaste parc situé dans l’arrondissement Les Rivière, il possède un peuplement forestier variable. On y trouve des friches, mais aussi des peuplements à dominance résineuse. La présence de la rivière Saint-Charles offre des milieux humides où les aulnes et les peupliers peuvent se développer. En 1998, le parc a été menacé de privatisation et de morcellement, notamment par la conversion de 30 % de sa superficie en terrain de golf. Le projet de golf a été abandonné en 2002, faute de moyens, même si beaucoup de fonds avaient déjà été investis dans la création de tunnels sous les routes pour les golfeurs. En 2008, un complexe de terrains de soccer intérieurs fut construit dans la partie sud-ouest du parc. Aujourd’hui, il affiche fièrement sa vocation récréative, puisqu’on y trouve des sentiers pédestres et de ski de fond, des aires de restauration et un centre communautaire.

Parc de l’Escarpement

Ce parc reste assez peu connu de nos jours, en dépit du fait qu’il existe officiellement depuis 1992. Sa configuration a la forme d’une croix, dont la branche courte suit la rivière du Berger et dont la plus grande forme le parc de l’Escarpement et le parc des Brumes. Tout type d’activités de plein air peut y être pratiqué, principalement le vélo de montagne, la randonnée pédestre et le ski de fond, l’hiver, le long de la piste de 4 km. Ce secteur est constitué d’une mosaïque de milieux plus ou moins naturels, allant d’espaces boisés à des friches agricoles et des aires aménagées. De plus, 28 espèces d’arbres, 15 espèces d’arbustes et 70 espèces de plantes (dont 10 classées vulnérables ou menacées), 140 espèces d’oiseaux et des espèces animales sauvages telles que le cerf de Virginie y ont été recensées (Ministère des transports, 2003). Le couvert forestier est composé d’érablières à bouleau jaune, d’érablières à hêtre, d’érablières rouges à frêne, de bétulaies jaunes, de saulaies à saule fragile, de peupleraies à orme et d’une peupleraie à frêne. De plus, des îlots forestiers particuliers tels qu’un îlot de noyers cendrés matures (essence considérée rare à nos latitudes) sont présents ainsi que quelques îlots de résineux (sapin baumier et épinette blanche). Une forêt alluviale d’ormes suscite aussi un certain intérêt de conservation. Finalement, notons la présence de quelques ifs du Canada. Sa superficie a légèrement diminué récemment, en plus d’être morcelée, par la construction du prolongement de l’autoroute Robert Bourassa jusqu’à l’avenue Chauveau.

Parc des Moulins

Le parc des Moulins équivaut à la partie est de l’ancien Jardin zoologique du Québec. Il compte de nombreux jardins parsemés de sentiers sinueux et de plans d’eau aménagés (AF2R, 2011).

Base de plein air de Sainte-Foy

La base de plein air (135 ha) joue un rôle social et écologique important. En effet, elle est fréquentée par environ 94 000 personnes chaque année. Son attrait récréatif et écologique provient essentiellement de la présence de deux lacs de faible dimension formés par d’anciennes gravières restaurées. Ces lacs sont des refuges pour une importante faune aviaire, puisque 218 espèces y ont été répertoriées. De fait, la base abrite des milieux humides d’une grande richesse, notamment une tourbière arbustive à éricacée. La composition forestière est variée, mais elle est cependant dominée par des érablières rouges, des mélézaies et des peupleraies. La présence de ces lacs permet aussi de diversifier les activités nautiques, de pêche estivale et de pêche blanche (AF2R, 2011).

Parc de la falaise et de la chute Kabir Kouba

Un des joyaux du parc linéaire est la présence des chutes Kabir Kouba (mot qui signifie « serpent d’argent » en huron et « rivière aux mille détours » en algonquien). Les chutes ont été une source d’inspiration pour de nombreux peintres tels que Cornelius Krieghoff, William Bartlett et Joseph Légaré. Avec les 28 m de chutes au cœur d’un canyon de 42 m (voir la fiche Chutes), elles ont été l’objet de nombreux usages industriels et hydroélectriques et sont maintenant un lieu touristique. On compte aujourd’hui 1,5 km de sentiers et des visites guidées sont offertes. Un centre d’interprétation a été créé afin de mettre en valeur les caractéristiques artistiques (expositions de peintures), naturelles et géologiques (fossiles datant de 455 millions d’années) du site par des activités pédagogiques de découverte. Le maintien d’activités est assuré par la Corporation du parc de la falaise et de la chute Kabir Kouba.

www.chutekabirkouba.com

5.13.2.2 Rivière du Cap Rouge

Parc naturel du mont Bélair

Au sein même du massif se trouve le parc naturel du mont Bélair. Dans ce parc, entièrement situé sur le mont Bélair (485 m d’altitude), on y recense 120 espèces végétales, 80 peuplements forestiers et 90 espèces d’oiseaux. Initialement acquises par la Fondation de la faune du Québec en 2004 et en 2007, les terres furent par la suite cédées à la Ville de Québec, sous condition d’être conservées perpétuellement. Le processus d’acquisition de d’autres terres privées par la Ville de Québec est d’ailleurs encore en cours. Une fois complété, le parc devrait s’étendre sur environ 560 ha, ce qui permettra la conservation d’une mosaïque intéressante d’écosystèmes et de leur biodiversité (MAMROT, 2010). Le réseau de sentiers a été tracé pour permettre à la fois l’interprétation des milieux naturels considérés comme fragiles, ainsi que pour baliser les passages et pour limiter la fréquentation de ces zones (Ville de Québec, 2006a). Lorsqu’il sera aménagé, les sentiers serviront à relier la base de plein air, future porte d’entrée du parc, au secteur de milieux humides et au sommet (MAMROT, 2010). La base de plein air La Découverte possède déjà plusieurs bâtiments : un chalet d’accueil, une chapelle, une salle communautaire, quelques chalets et un dortoir. De nombreux équipements, dont la piscine, le terrain de soccer, l’observatoire, la piste d’hébertisme et un réseau de 55 km de pistes de ski de fond, y permettent déjà plusieurs activités.

Parc nautique de Cap-Rouge et parc des sentiers de la rivière du Cap Rouge

Le parc Nautique de Cap-Rouge se veut l’endroit tout indiqué pour pratiquer la voile, le canot, le kayak et d’autres activités de même nature. Il donne accès à l’anse du Cap-Rouge et permet ainsi de découvrir la faune et la flore du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge. On peut aussi y louer des dériveurs et des kayaks et suivre des cours de navigation.

Parc Cartier-Roberval

Aménagé sur le promontoire du cap Rouge, le parc Cartier-Roberval offre une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent et le relief environnant. Découvrez sa faune, ses boisés et ses arbres bicentenaires! Le parc recèle d’autres trésors : en effet, des fouilles archéologiques, entreprises en 2006, nous ont appris notamment que Jacques Cartier et Jean-François de La Rocque de Roberval ont fait édifier deux forts, l’un sur le cap même, l’autre sur le site qu’occupe actuellement l’église de Cap-Rouge afin d’y préparer la colonisation dans la vallée du Saint-Laurent (ville de Québec, 2011b).

www.cartier-roberval.gouv.qc.ca

5.13.2.3 Rivière Beauport

Parc linéaire de la rivière Beauport

Le parc de la rivière Beauport propose de 4 km de sentiers pédestres et des aires de pique-nique. Ce milieu naturel situé en zone urbaine est accessible par le corridor du Littoral (Ville de Québec, 2011b). La superficie de ce boisé linéaire couvre plus de 19 ha. Le secteur est sillonné par de nombreux sentiers aménagés et doté de structures d’accueil, de ponts et de belvédères visant principalement l’observation de la nature, la détente et la pratique de la marche et du vélo.

5.13.2.4 Ruisseau du Moulin

Domaine de Maizerets

D’une superficie de 27 hectares, le domaine de Maizerets est sillonné de nombreux sentiers qui guident le visiteur à travers des milieux naturels tant sauvages qu’aménagés. Le domaine est le lieu de rendez-vous idéal pour les familles et les adeptes du plein air et des loisirs scientifiques. Son arboretum est un véritable musée vivant : il compte quelque 15 000 arbres, arbustes et plantes vivaces. Une volière à papillons y est aménagée de façon à ce que le public puisse côtoyer ces insectes en toute quiétude (Ville de Québec, 2011b). Fréquenté par les cyclistes qui empruntent la piste longeant le domaine, le site offre 11 km de sentiers remarquablement aménagés pour la marche en été et le ski de fond en hiver (AF2R, 2011).

www.domainemaizerets.com

Parc de la Montagne-des-roches

Il s’agit du plus grand parc municipal de l’arrondissement de Charlesbourg; après quelques processus d’acquisition par la Ville de Québec, il couvre 20 ha, dont 75 % d’espaces boisés. Le parc de la Montagne-des-roches contient une érablière sucrière à ostryer de Virginie et noyer cendré, située à la limite nord de répartition, et une hêtraie mature, particulièrement rare dans ce secteur. Son potentiel récréatif est peu connu; on y retrouve des sentiers pédestres et de raquette. Un bassin de rétention, construit pour capter les eaux de ruissellement des quartiers urbains à proximité, épouse la forme d’un lac qui s’intègre au milieu naturel (AF2R, 2011).

5.13.2.5 Lac Saint-Augustin

Parc riverain du lac Saint-Augustin

Ce parc, qui borde la rive sud du lac Saint-Augustin sur une distance de 1,6 km, procure un décor exceptionnel aux randonneurs. En plus d’offrir plusieurs points de vue sur le lac, il compte un attrait incontournable nommé la forêt des Géants. Cette forêt est composée de pruches matures. Le parc comprend aussi des érablières à sucre et des bétulaies blanches, ainsi qu’un vaste milieu humide. Il se prolonge à l’est sur le parc du Verger où se côtoient un marais épurateur, une prairie et plusieurs arbres et arbustes. L’hiver, des pistes de ski de fond sont aménagées et rattachées au réseau de l’érablière du chemin du Roy (AF2R, 2011).

5.13.2.6 Bordure du fleuve

Dans les secteurs plats de la bordure du fleuve, on retrouve plusieurs parcs et boisés urbains, dont les plus connus sont ceux longeant la falaise de Québec et de Sillery : le Parc des champs-de-Bataille, le parc du Bois-de-Coulonge et le domaine Cataraqui. Leur vocation est principalement récréo-touristique. En contrebas, on retrouve la promenade Samuel-de-Champlain. Après avoir changé de vocations à de nombreuses reprises depuis la colonisation, le secteur a été aménagé en promenade riveraine en 2008. Les modifications apportées au tracé du boulevard Champlain ont permis de libérer des espaces pour la réalisation d’un aménagement paysager (AF2R, 2011). La promenade permet de rejoindre un autre boisé urbain intéressant, la forêt ancienne de Tequenonday. Cette forêt, située sur un éperon rocheux près du fleuve, héberge une flore composée de frênes d’Amérique et de pin blancs âgés. Ces arbres vénérables sont le vestige d’une grande forêt qui longeait autrefois la rive nord du fleuve Saint-Laurent. En plus de l’observation de la faune et de la flore, le terrain est riche en vestiges archéologiques datant de l’époque amérindienne, de 3000 à 6000 ans avant notre ère (AF2R, 2011). On retrouve d’autres zones boisées urbaines plus à l’ouest des ponts, en direction de Cap Rouge. Les principaux sont le boisé de Marly et la plage Jacques-Cartier.

Baie de Beauport

La baie de Beauport offre aux visiteurs la possibilité de s’adonner à la voile, à la planche à voile ou au kayak de mer. Elle est aussi fréquentée par les citoyens désireux de s’y détendre, de profiter du soleil et du sable (plage de 1,5 km de longueur). La baie de Beauport se situe dans le prolongement du boulevard Henri-Bourassa Sud. Elle est aussi accessible par le corridor du Littoral (Ville de Québec, 2011b). Malgré la diminution de l’intégrité écologique du site, conséquente à la construction des installations portuaires et de l’autoroute Dufferin-Montmorency, la baie de Beauport demeure un milieu d’intérêt écologique. Le site est en effet constitué d’une variété de milieux aquatiques, riverains et terrestres contribuant à maintenir une diversité aviaire. Ainsi, la partie de la baie qui se dégage à marée basse est en presque totalité occupée par une vaste herbaçaie favorable à la sauvagine. Cette herbaçaie accueille, en période de migration, l’oie des neiges par milliers.

www.baiedebeauport.com

Parc de la Plage-Jacques-Cartier

Le parc de la Plage-Jacques-Cartier longe le fleuve sur une distance 3,7 km, à l’ouest des ponts. C’est l’un des seuls milieux boisés naturels publics en contact direct avec le fleuve Saint-Laurent (AF2R, 2011). Le couvert forestier est assuré par des feuillus nobles, assemblés en un peuplement d’érablière sucrière à chêne rouge et trois peuplements de chênes rouges à érable à sucre. Ce sont des écosystèmes forestiers rares, reconnus comme exceptionnels. Sa vocation est principalement récréative; elle donne accès au fleuve via une plage, ses sentiers permettent la randonnée pédestre et rejoignent la marina de Cap Rouge.

Parc des Champs-de-Bataille

Mieux connu sous le nom de plaines d’Abraham, ce lieu historique a été le théâtre d’importants affrontements militaires en 1759 qui furent déterminants pour le sort de l’Amérique. Créé en 1908, le parc des Champs-de-Bataille (92 ha) est un des plus prestigieux parcs urbains en Amérique du Nord. Ses 18 ha de boisés naturels, majoritairement de vieilles érablières sucrières à frêne d’Amérique, se situent le long de la falaise et sont traversés par un sentier pédestre de 1,5 km sur la trace des premiers herboristes. Les plaines gazonnées et les boisés naturels offrent près de 6 000 arbres et arbustes de plus de 90 espèces. L’hiver, le site offre 12,6 km de sentiers de ski de fond de niveaux débutant et intermédiaire et un sentier balisé pour la raquette (AF2R, 2011). La porte d’entrée de ce sentier, située en haut de l’escalier du Cap Blanc, s’est enrichie en 2003 d’un arboretum de 28 espèces qui dressent un portrait des arbres représentatifs des provinces et territoires du Canada (Ville de Québec, 2005).

Parc du Bois-de-Coulonge

Situé en bordure de la falaise de Sillery, le parc du Bois-de-Coulonge est l’un des parcs publics exceptionnels du Québec. La moitié du domaine est occupé par une érablière. Plus de 3 km de sentiers pédestres permettent aux promeneurs d’observer le fleuve Saint-Laurent et d’admirer une grande sélection de fleurs, d’arbustes fruitiers et d’arbres remarquables dont un orme pleureur plus que centenaire et un majestueux tilleul européen (AF2R, 2011).

Promenade Samuel-De Champlain

Pour souligner le 400e anniversaire de la ville de Québec, le gouvernement du Québec a choisi du rendre hommage à l’explorateur et de redonner le fleuve aux Québécois en réalisant la promenade Samuel-De Champlain (2,5 km) par la Commission de la capitale nationale du Québec.

SOURCES

ASSOCIATION FORESTIÈRE DES DEUX RIVES (AF2R). (2011). Parcs naturels de Québec. [En ligne], http://www.parcsnaturelsquebec.org/, page consultée en août 2011.

DUDLEY, N. (2008). Lignes directrices pour l’application des catégories de gestion aux aires protégées. Gland, Suisse : UICN. 96 p.

LAPOINTE, A. ET J. MOLARD. (2003). Parc de la forêt ancienne du mont Wright, Association forestière Québec métropolitain (AFQM), 20 p.

MINISTÈRE DES AFFAIRES MUNICIPALES, DES RÉGIONS ET DE L’OCCUPATION DU TERRITOIRE (MAMROT). (2010). La biodiversité et l’urbanisation, chapitre 7 : Les fiches de bonnes pratiques. Québec, 178 pages.

MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELS ET DE LA FAUNE DU QUÉBEC. (2011a). Les écosystèmes forestiers exceptionnels : éléments clés de la diversité biologique du Québec. [En ligne], http://www.mrnfp.gouv.qc.ca/forets/connaissances/connaissances-ecosystemes.jsp, page consultée le 3 octobre 2011.

MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELS ET DE LA FAUNE DU QUÉBEC. (2011b). Habitats fauniques. [En ligne], http://www.mrnfp.gouv.qc.ca/faune/habitats-fauniques/proteges.jsp, page consultée le 13 octobre 2011.

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Mis à jour le 2 décembre 2011