5.7 Hydrographie et drainage modifiés
Le développement du territoire n’a pas souvent reconnu l’importance de l’hydrographie naturelle, drainant, asséchant et remblayant les terres basses, détournant et reprofilant les cours d’eau.
*La majorité de l’information concernant la canalisation des cours d’eau se retrouvent dans la section Hydrographie et hydrologie et la problématique du drainage urbain étant traitée dans la section Urbanisation, imperméabilisation et ruissellement des eaux de surface. Voici quelques informations complémentaires concernant l’hydrographie et le drainage modifiés.*
5.7.1 Rivière Saint-Charles
Modification de l’estuaire
Autrefois, la rivière Saint-Charles rejoignait le fleuve en de vastes étendues de limon et d’argile. Aujourd’hui, le barrage Joseph-Samson ne permet plus le jeu des marées dans la rivière. De grandes superficies ont été rognées à la suite des remblayages et des aménagements industriels et portuaires, comme en témoigne la rectilinéarité des berges à la figure suivante.
Figure 5.7.1.1 : Tracé original de la rivière Saint-Charles
Impact des retenues
Dans le haut bassin de la rivière des Hurons, l’écoulement a été est modifié au point de changer le contour du bassin versant. Par l’ajout d’une digue, le lac Demers qui versait à l’origine vers la rivière Montmorency se draine maintenant dans le lac Turgeon.
Figure 5.7.1.2 : Modification du bassin versant de lac Demers
Drainage des terres agricoles
Les meilleurs sols agricoles peuvent être insuffisamment drainés s’il s’agit de sols lourds, d’anciennes tourbières ou de terres noires. Parfois, leur superficie est augmentée au détriment de zones humides. Pour répondre rapidement aux précipitations, on régularise l’humidité du sol par un réseau de drainage qui court-circuite le cycle hydrologique local en essorant rapidement le sol. On assiste à des augmentations suivies de récessions rapides des débits, un écoulement bimodal (crue/étiage) néfaste à l’écologie d’origine des cours d’eau qui nécessite des cycles plus réguliers.
Redressements
Plusieurs raisons ont motivé le redressement de cours d’eau: méthodes dépassées de gestion de crues, gains de surfaces vouées au développement, réduction de contraintes spatiales imposées par les lignes ondoyantes des cours d’eau lents, mépris ou méconnaissance du rôle des méandres, etc.
Prélèvement d’eau dans la rivière Jacques-Cartier (CBJC, 2011)
En 2002, la ville de Québec a obtenue l’autorisation d’une conduite d’alimentation temporaire dans la rivière pour répondre à des besoins d’urgence. Ainsi, lorsque le lac Saint-Charles ne suffit plus à la demande en eau potable des citoyens de Québec, de l’eau est pompée de la rivière Jacques-Cartier vers la rivière Nelson.
À l’été 2010, il y a eu de nouveau des prélèvements d’eau par la ville de Québec dans la Jacques-Cartier. En raison des faibles quantités de neige tombées durant l’hiver et des conditions climatiques exceptionnelles de la saison estivale, la ville de Québec a fait appel à ses installations de pompage à Saint-Gabriel-de-Valcartier, afin d’alimenter la rivière et le lac Saint-Charles, via la rivière Jacques-Cartier. Il y a eu trois séquences de pompage :
• du 14 juillet au 27 juillet, un débit de 0,2 m3/s
• du 28 juillet au 3 août, un débit de 0,5 m3/s
• du 25 août au 7 septembre, un débit de 0,04 m3/s
SOURCES
CBJC. 2011. Plan directeur de l’eau du bassin versant de la rivière Jacques-Cartier – mars 2011 – 286 pages et 2 annexes.
Université Laval. Bibliothèque : centre d’information géographique et statistique, Vue aérienne spectaculaire de Québec en 1948. [En ligne] http://bibl.ulaval.ca/mieux/decouvrir/collections_speciales/geostat/geostat_promo, page consultée le 7 mars 2012.
Mis à jour le 7 mars 2012


