5.4 Activités récréatives

Par la beauté de ses paysages et la diversité de ses habitats, le territoire de la zone de la Capitale offre un grand intérêt pour les amateurs de plein air et de nature. La proximité des grands centres urbains et le réseau routier bien développé à l’intérieur de celui-ci favorisent le développement du potentiel récréotouristique de la région. Les activités offertes et les infrastructures (publiques et privées) présentes le long des cours d’eau sont nombreuses et diversifiées. De plus, on retrouve de nombreuses maisons secondaires et de villégiatures aux abords de la plupart des plans d’eau des bassins versants.

Des sites publics donnent accès aux rivières pour la pratique de diverses activités récréatives. La communauté et les différentes instances publiques responsables de la gestion du territoire ont su mettre en valeur, exploiter et diversifier le potentiel récréotouristique des bassins versants. On y trouve entre autres de nombreux parcs municipaux aménagés le long des cours d’eau.

La pêche et la descente en canot ou en kayak sont les activités aquatiques récréatives les plus communément pratiquées dans les bassins versants. Des entreprises privées proposent leurs services de location d’équipements récréatifs adaptés au public. Des activités d’eau calme comme le pédalo, le voilier et la baignade peuvent être pratiquées sur plusieurs plans d’eau.

En hiver, la pratique du ski de fond, de la raquette ou de la motoneige est une activité courue avec des pistes balisées et entretenues. Il est également possible de pratiquer des glissages sur neige.

5.4.1 LES SPORTS MOTORISÉS

Les motoneiges

Sur le territoire, 103 km de sentiers de motoneige permettent de joindre Stoneham, Lac-Saint-Charles et Lac-Beauport où il est possible de louer des motoneiges à proximité. À cela s’ajoutent des circuits d’environ 20 km en milieu plus urbain dans la zone de la base de plein air de Sainte-Foy et dans d’autres parcs municipaux.

Les VTT (véhicules tout-terrains)

Comme le montre la carte suivante, un long parcours de 52 km de sentiers de quad traverse le territoire. La plupart des sentiers de quad présents sur le territoire ne sont ouverts que pendant l’hiver. La location de quad est possible à quelques endroits et beaucoup de personnes en possèdent.

Figure 5.4.1.1 : Réseau des différents sentiers à usage récréotouristique sur le territoire

Les embarcations à moteur

La pratique du bateau à moteur sur le lac St-Charles est totalement interdite du fait de l’utilisation de l’eau pour la consommation humaine. Sur le lac Beauport et Saint-Augustin, bon nombre de sports nautiques motorisés sont pratiqués, entraînant des conflits d’usages avec les sports non motorisés, la pêche et la baignade.

5.4.2 LES SPORTS NON MOTORISÉS

Figure 5.4.2.1 : Localisation des diverses activités récréatives sur le territoire

Raquette et ski de fond

Les habitants ou vacanciers de Québec et des environs peuvent satisfaire leur envie de sports de plein air dans de nombreux centres dédiés à la pratique du ski de fond et de la raquette. Ceux-ci, comme les centres de ski de fond de Charlesbourg et de Val-Bélair (55 km), les sentiers du Moulin ou encore le Refuge de Saint-Adolphe (reliés par des parcours allant de 20 km à 30 km), sont dotés, entre autres, de refuges, de pistes entretenues, de restaurants, de bars et de services de location. Mentionnons également la Base de plein air de Ste-Foy, le camping municipal de Beauport (20 km de sentiers de ski de fond et 600m de raquette), le centre de ski de fond de Cap-Rouge (12 km), le Domaine de Maizerets, le parc Chauveau et le parc des compagnons.

Stations de ski alpin

Les stations de ski sont de grandes consommatrices d’eau pour la production de la neige artificielle.

Tableau 5.4.2.1 : Station de Stoneham

Tableau 5.4.2.2 : Station Le Relais

Sentiers pédestres et cyclables

On recense environ 276 km de pistes cyclables dans la ville de Québec (MTQ, 2005); cependant, chaque ancienne municipalité a développé son propre réseau. De ce fait, il n’y a pas d’interconnectivité entre les pistes, d’où la nécessité de repenser globalement le réseau et de créer un plan d’ensemble des pistes et des bandes cyclables. La piste cyclable qui est probablement la plus fréquentée du bassin est le Corridor des cheminots qui joint Québec à Val-Bélair en 44 km et qui est, depuis 1999, totalement asphalté.

La randonnée pédestre est une activité en plein essor. Son coût est peu élevé, sa pratique facile et accessible, et elle permet de découvrir des espaces naturels en toute tranquillité. De même, le vélo de montagne compte dans ses rangs de nombreux adeptes. Ces activités permettent de découvrir le bassin versant en toute simplicité et donc de mieux s’approprier le territoire.

Depuis 2002, la richesse de la forêt ancienne du mont Wright est valorisée, entre autres, par l’Association forestière des 2 rives. Plusieurs sentiers d’une longueur de 6 km et des panneaux d’interprétation permettent d’en découvrir l’histoire et les essences forestières (AFQM, 2005).

Gérés par l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des marais du Nord, les 7 km de sentiers des marais du Nord offrent aux visiteurs une grande richesse paysagère et ornithologique.

Au mont Bélair se trouve la base de plein air La Découverte où il est possible de faire de la randonnée pédestre, du ski de fond, de l’observation, etc.

Il est important de mentionné la présence du parc linéaire de la rivière Saint-Charles où il est possible de faire de la raquette, du ski de fond et du vélo sur certaines sections, alors que la totalité des 32 km de sentiers sont praticables à l’année pour la marche (voir section Parcs).

À l’intérieur du bassin versant du lac Saint-Augustin, on retrouve le parc riverain du lac Saint-Augustin-de-Desmaures, qui offre aux randonneurs un réseau de sentiers pédestres d’environ 7 kilomètres. En hiver ces sentiers se transforment en un réseau de 12 km de ski de fond qui relient le parc riverain au Parc boisé de Saint-Félix, qui se trouve le long de la décharge du lac Saint-Augustin.

Baignade

Les lieux de baignade sur le bassin ne sont pas très fréquents, mais les quelques plages aménagées, comme la plage de la Base de plein air de Sainte-Foy ou la plage Laurentides, offrent une qualité d’eau suffisante pour la baignade. Deux plages dédiées à la baignade et à d’autres activités nautiques sont présentes au lac Beauport : la plage de l’Auberge les 4 temps et la plage du club Nautique Lac Beauport (MDDEP, 2011). Il y a également une plage à la Baie de Beauport, mais la baignade y est interdite, en raison de la mauvaise qualité de l’eau du fleuve.

Activités nautiques

Le Parc nautique qui se situe à la confluence de la rivière du Cap Rouge et du fleuve Saint-Laurent offre la possibilité de location de petites embarcations et de découvrir le paysage par une balade guidée en ponton.

Il y a 3 hydrobases sur le lac Saint-Augustin.

Aux marais du Nord, on propose des randonnées guidées en rabaska et la possibilité de mettre à l’eau les embarcations des particuliers. Cependant, du fait de l’utilisation de l’eau du lac pour l’alimentation en eau potable, les activités de baignade y sont limitées et l’utilisation de bateaux à moteur y est interdite. Depuis 1996, la rivière Saint-Charles est chaque année le théâtre de la désormais très populaire descente en canot. Organisée par Rivière Vivante, la fête de la rivière Saint-Charles accueille chaque mois de mai quelques centaines de canoteurs qui parcourent une distance de 12 km en canot. D’autres activités sont également offertes autour de la rivière. En avril, alors que la crue printanière fait rage, le festival Vagues en ville permet, depuis 2001, la descente en canot, en kayak et en rafting sur la rivière Saint-Charles à la hauteur du parc Chauveau. À la hauteur de Château-d’Eau, se déroule également le Festival de canotgraphie en été sur la rivière Saint-Charles.

Autres activités

Certains sites en particulier, notamment à proximité du lac Beauport, invitent à la pratique d’activités touristiques comme les balades en traîneau à chiens ou la construction de quinzees et des séjours de camping d’hiver. De même, la municipalité de Lac-Beauport est le théâtre, depuis 2005, du Pentathlon des neiges, dont les disciplines incluent notamment le patin, le ski de fond et la raquette. L’escalade de glace peut également se pratiquer à certains endroits sur le territoire.

Le patinage sur la rivière Saint-Charles

Des enfants qui s’improvisaient des patinoires chaque année sur la rivière Saint-Charles ont inspiré l’inauguration, à l’hiver 1976-1977, d’une immense patinoire de près de 3 km, allant des ponts Dorchester à Marie-de-l’Incarnation. C’est le maire Gilles Lamontagne qui donnera, en 1975, le feu vert à la création de cette patinoire qui sera présente sur la rivière jusqu’en 1998. À cette époque, la construction d’une patinoire sur cette partie de la rivière Saint-Charles avait été rendue possible grâce à la construction du barrage-écluse Samson (en 1967) qui élève le niveau de la rivière Saint-Charles et la libère des changements d’élévation causés par les marées. Malgré des débuts prometteurs, l’affluence à la patinoire baissa d’une année à l’autre. En effet, la patinoire qui accueillait plus de 400 000 visiteurs à ses débuts n’en a plus que 20 000 en 1992 et ce chiffre a continué à diminuer dans les années suivantes. Le fait que le Carnaval de Québec ait migré vers la Haute-Ville n’a certainement aidé, jumelé à des températures hivernales plus clémentes. C’est finalement en 1992, pour des raisons de sécurité publique et de diminution de l’achalandage versus les coûts d’opération, que la patinoire a été fermée (ROUTHIER, 1997).

Les camps de vacances

De nombreuses structures permettent d’accueillir des classes nature, des groupes ou des familles dont le centre de plein air le Saisonnier, le centre de plein air Notre-Dame-des-Bois et Cité Joie, qui accueille des adultes et des enfants handicapés.

5.4.3 Golf

Le golf est l’un des cinq sports les plus pratiqués au Canada. Au Québec seulement, 870 000 personnes sont annuellement séduites par cette activité. Le nombre de golfs est d’ailleurs passé de 200 à 341 en 15 ans. Ainsi, on assiste maintenant à une saturation du marché du golf au Québec.

Les alentours de Québec comptent de nombreux clubs de golf.

Tableau 5.4.3.1 : Terrains de golf sur le territoire (Accès Golf, 2011)

5.4.4 Chasse et pêche

Dans les bassins du territoire, la chasse et la pêche sont exercées essentiellement à des fins récréatives.

La pêche

Selon les statistiques de la Société de la faune et des parcs du Québec, la pratique de la pêche serait en déclin depuis une dizaine d’années. Afin de contrer ce phénomène et de faire découvrir (ou redécouvrir) la pêche à la population du Québec, de nombreuses fêtes et activités d’initiation en lien avec la pêche ont été mises sur pied, surtout pour attirer les jeunes qui constituent la relève. Sur le bassin de la rivière Saint-Charles, l’évènement principal de la région se tient chaque année au parc Chauveau, sur la rivière Saint-Charles. L’organisme Pêche en ville inc. (1994) et son prédécesseur le Festival de la pêche en ville (de 1979 à 1993), a organisé plus de 30 activités annuelles par le biais d’ensemencement, d’animation ou d’interventions ponctuelles sur le milieu. Pêche en herbe (programme d’aide aux associations, écoles ou camp de jour voulant initier les jeunes à la pêche), le programme de soutien financier pour l’ensemencement des lacs et des cours d’eau, et la Fête de la pêche (fin de semaine où la population peut pêcher sans permis) ont vu le jour dans la dernière décennie.

Sur le territoire, les résidents se sont approprié les cours d’eau à de nombreux endroits. Parmi les espèces les plus prisées, l’omble de fontaine est sans contredit la vedette. On la retrouve dans la plupart des cours d’eau et lacs du bassin versant et souvent en situation d’allopatrie (voir section Ichtyofaune). Le brochet, l’achigan et la perchaude sont également des espèces populaires pour la pêche. Dans la basse Saint-Charles, outre la qualité de l’eau qui pose problème, la présence du barrage Samson empêche la remontée des poissons venant du fleuve Saint-Laurent. Ainsi, des espèces comme l’éperlan, le poulamon ou le saumon, qui étaient encore présentes dans la rivière au début du siècle, ne peuvent maintenant plus remonter le cours d’eau (Jourdain et al., 1995).

Depuis que l’on a observé des baisses de populations de l’Éperlan arc-en-ciel et la disparition quasi-complète du Bar rayé, l’attrait de la pêche sportive a décliné en bordure du fleuve. Il y a encore des pêcheurs sportifs, mais en moins grand nombre, que ce soit pour la pêche en rivière ou à partir des quais d’où l’on peut prendre des espèces comme le Doré jaune et le Poulamon atlantique, toujours prisés (Jourdain et al., 1995).

La chasse

Selon la Société de la faune et des parcs, il y aurait environ 29 000 chasseurs dans la région de la Capitale-Nationale, soit 7% des chasseurs du Québec. Toutefois, les données dont nous disposons ne nous permettent pas d’évaluer dans quelle proportion les chasseurs exercent leur activité sur les bassins versants du territoire. De façon générale, les chasseurs peuvent s’y adonner à la chasse à la grande faune ou à la petite faune. Des statistiques de prises sont disponibles pour la grande faune et on y observe une tendance qui se maintient depuis 1971 en ce qui concerne la chasse à l’ours noir, alors qu’on y note une augmentation du nombre de prises d’orignal. Pour le cerf de Virginie, seules les données de 2004 sont disponibles. La chasse au petit gibier est plus difficile à caractériser, car il n’existe aucune statistique concernant les prises. Ce type de chasse est répandu dans les diverses zones forestières des bassins versants et vise plusieurs espèces telles que le lièvre d’Amérique, la marmotte commune, le raton laveur, le renard roux, la gélinotte huppée, le tétras du Canada, la sauvagine et certaines espèces de grenouilles. La pratique du piégeage est également observée sur les bassins versants pour les animaux à fourrure. Le castor, la loutre de rivière, la belette, le pékan, la martre, le rat musqué, le raton laveur, le lynx du Canada et le coyote sont parmi les animaux prisés.

Le tableau présente les données relatives aux captures d’animaux à fourrure et aux permis émis selon les municipalités du secteur Québec-Lévis. Les données était enregistrées en fonction du lieu de résidence des piégeurs, elles ne révèlent pas le lieu où les captures ont été réalisées. Toutefois, on peut supposer que des espèces semi-aquatiques comme le Rat musqué sont piégées en partie dans le secteur, notamment à proximité des rivières (Jourdain et al., 1995).

Tableau 5.4.4.1 : Évolution des captures enregistrées pour les animaux semi-aquatiques à fourrure piégés entre 1986 et 1993 (Jourdain et al., 1995)

Tableau 5.4.4.2 : Quantités de fourrures brutes vendues pour l’UGAF 40 pour la saison 2011-2012 (MRNF, 2012)*

Il n’y a pas de données précises sur les captures de sauvagine sur le territoire. Cependant, on notre qu’entre Québec et La Malbaie, il s’abattait annuellement près de 65 000 canards et oies à la fin des années 1970 et au début des années 1980, dont la Grande Oie des neiges, le Canard noir, la Sarcelle à ailes vertes, le Canard colvert, le Canard pilet, le Petit Morillon, la Bernache du Canada et la Sarcelle à ailes bleues (Jourdain et al., 1995).

Fascicule sur la popularité des activités liées à la faune et à la nature

http://www.mrnf.gouv.qc.ca/publications/faune/statistiques/capitale_nationale.pdf

SOURCES

ACCES GOLF. 2011. [En ligne], www.accesgolf.com, page consultée en décembre 2011.

ASSOCIATION FORESTIÈRE QUÉBEC MÉTROPOLITAIN. Rapport final, conservation et mise en valeur, parc de la forêt ancienne du mont Wright, rapport présenté à la Municipalité des cantons unis de Stoneham-et-Tewkesbury, 2005.

BOUCHARD, PIERRE. L’importance des activités reliées à la faune et à la nature au sein de la population des différentes régions du Québec en 2000, Société de la faune et des parcs du Québec, 2003, 13 p.

FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DECHASSEURS ET PÊCHEURS. (2011). [En ligne] www.fedecp.qc.ca, page consultée le 8 décembre 2011.

JOURDAIN, A. et J.F. BIBEAULT. 1995. Synthèse des connaissances sur les aspects socio-économiques du secteur d’étude Québec-Lévis. Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent, 130 pages.

MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA FAUNE (MRNF). 2012. Statistique de chasse et de piégeage. [En ligne] http://www.mrnf.gouv.qc.ca/faune/statistiques/chasse-piegeage.jsp#chasse, page consultée le 7 mars 2012.

MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DES PARCS (MDDEP). 2011. Liste des plages admissibles pour la région administrative de la Capitale-Nationale. [En ligne] http://www.mddep.gouv.qc.ca/regions/region_03/liste_plage03.asp, page consultée le 6 décembre 2011.

MINISTÈRE DES TRANSPORTS DU QUÉBEC (MTQ). 2005. Plan des transports de l’agglomération de la Capitale Nationale.

ROUTIER, Serge. 1997. L’avenir de la patinoire de la rivière Saint-Charles, ville de Québec. Essai. Département d’aménagement. Faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels. Université Laval, Québec, 147 pages.

Mis à jour le 8 mars 2012