4.1 L’arrivée des premiers amérindiens

4.1.1 Les nations amérindiennes

4.1.1.1 Les Iroquoiens

Le terme « iroquoien » est associé à une famille linguistique qui désigne un ensemble de nations amérindiennes. Les Hurons-Wendats font partie de ce regroupement linguistique, tout comme les Iroquois et les Onontagués. Les Iroquoiens étaient sédentaires et pratiquaient l’agriculture. Ils cultivaient plusieurs plantes comestibles, dont les principales étaient les courges, les haricots et le maïs. Ces trois cultures, appelées « les trois sœurs », étaient plantées conjointement, chacune d’entre elles apportant des avantages aux autres. Par contre, puisqu’ils n’engraissaient pas leurs champs, la terre s’épuisait rapidement et ils devaient se déplacer pour défricher de nouvelles terres selon des intervalles de 10 à 30 ans. Les hommes étaient responsables du défrichage alors que toutes les autres activités agricoles étaient assumées par les femmes. La pêche et la chasse étaient les seconds modes de subsistance des Iroquoiens. La pêche se pratiquait surtout au printemps et à l’automne, alors qu’une bonne partie de la population des villages se déplaçait vers les meilleurs lieux de pêche. Il y avait jusqu’à 2 000 personnes par village et la maison longue en formait l’unité sociale de base. Elle logeait de cinq à dix familles organisées selon une descendance matrilinéaire; c’était les hommes qui, au moment du mariage, allaient s’installer dans la maison longue de leur épouse (Beaulieu, 2011).

4.1.1.2 La nation huronne-wendat

La nation huronne-wendat est celle qui est la plus intimement liée au territoire de la zone de Capitale. Les Hurons ont habité différents secteurs: Québec, Beauport, Sillery, Notre-Dame-de-Foy, L’Ancienne-Lorette et la Jeune-Lorette (aujourd’hui Wendake). La finale « ke » de Wendake a en français le sens de « chez », Wendake signifie donc « chez les Wendats » ou « pays des Wendats ».

Les Hurons-Wendats étaient semi-sédentaires et s’établissaient, selon les saisons, aux meilleurs endroits de commerce, de chasse et de pêche (Noël et Fortin, 1996). À la fin du XVIIe siècle, après les guerres contre les Iroquois et aidés par les Jésuites, les Hurons-Wendats s’établissent près de la chute Kabir Kouba qui leur offre sa protection naturelle. La nation huronne-wendat est encore située à cet endroit, une réserve au cœur de la ville de Québec. Le développement des maisons s’est fait autour de la chapelle, en contact étroit avec la chute et en direction de l’est, d’où vient la vie. Au XVIIIe siècle, alors que plusieurs colons s’établissent autour du lac Saint-Charles, les Hurons utilisent la configuration des cours d’eau du bassin de la rivière Saint-Charles pour étendre leur territoire de chasse au nord de ce qu’ils appellent le Tiora Datuec (lac brillant) : le lac Saint-Charles (Noël et Fortin, 1996).

4.1.1.2.1 L’histoire de la nation huronne-wendat

Au début du XIXe siècle, les Hurons commercent avec les Blancs : ils tannent des peaux, fabriquent des canots et des raquettes (Noël et Fortin, 1996). À partir de 1850, la renommée du village Huron dépasse les frontières du Canada et apparaissent alors de petites industries de fabrication artisanale de canots, de mocassins et de raquettes. Décimés par les épidémies et les guerres, les Hurons-Wendats passent de plus de 22 000 à moins de 3 000 personnes. Quelque 1 600 Wendats habitent maintenant à Wendake et 1 700 autres vivent à l’extérieur de cette réserve. Cette nation est l’une des nations autochtones les plus urbanisées du Québec (Secrétariat aux affaires autochtones, 2009a). Aujourd’hui, Wendake comprend un secteur historique, récemment mis en valeur, un quartier résidentiel et une zone industrielle. Le tourisme constitue un apport économique très important pour cette communauté. Les Wendats ont adopté le français comme langue d’usage au détriment de la langue huronne, mais un projet de recherche est en cours afin d’assurer sa survie. Il ne reste plus que 76 000 Amérindiens au Québec, toutes nations confondues et à l’exclusion des Inuits (Secrétariat aux affaires autochtones, 2009b).

4.1.1.3 Le sentier des Jésuites

Au milieu du XVIIe siècle, les Jésuites ajoutent une ferme à leur poste de traite situé près de l’embouchure de la rivière Métabetchouan, au lac Saint-Jean. Ils doivent fournir des animaux et de la nourriture à cette nouvelle mission afin d’assurer leur subsistance ainsi qu’un certain confort. Les pères rouvrent alors le sentier des Jésuites qui relie le lac Saint-Jean et Québec en passant par les Laurentides. Ce sentier suit un chemin ancestral emprunté par les Innus-Montagnais depuis longtemps. Il consistait en un itinéraire composé d’une suite de cours d’eau et de lacs sur la surface gelée desquels on pouvait se déplacer plus aisément en raquette en hiver et transporter des fourrures et d’autres bagages. Leurs guides, des Hurons-Wendats du village de Lorette, avaient repris le sentier presque abandonné par les Innus-Montagnais (Lefebvre, 2008).

 

SOURCES

BEAULIEU, ALAIN. (2001). Iroquoiens. Musée virtuel de la Nouvelle-France. [En ligne]. http://www.civilization.ca/cmc/VMNF/premieres_nations/fr/iroquoiens/index.shtml, page consultée le 23 août 2011.

LEFEBVRE, L. (2008). Le sentier des Jésuites. Histoire Québec, vol. 14, n° 1, pages 24-30.

NOËL, É. et C. FORTIN. (1996). Le lac Saint-Charles, 1946-1996, Québec, Société historique de Lac-Saint-Charles, 195 pages.

SECRÉTARIAT AUX AFFAIRES AUTCHOCTONES. (2009a). Hurons-Wendats. [En ligne]. http://www.autochtones.gouv.qc.ca/relations_autochtones/profils_nations/hurons-wendats.htm, page consultée le 18 juillet 2011.

SECRÉTARIAT AUX AFFAIRES AUTCHOCTONES. (2009b). Statistiques des populations autochtones du Québec. 2007. [En ligne]. http://www.autochtones.gouv.qc.ca/nations/population.htm#hurons, page consultée le 18 juillet 2011.

Mis à jour le 29 novembre 2011