2.2 Géomorphologie

La dernière glaciation qui a pris fin il y a plus de 10 000 ans a particulièrement façonné le paysage terrestre de l’est de l’Amérique du nord. La géomorphologie de la zone de la Capitale, tout comme celle de la province de Québec, a fortement été influencée par l’effet de cette glaciation wisconsinienne.

2.2.1 Dépôts : origine, nature et localisation

La phase de glaciation a arraché et transporté des débris sous l’action d’une lourde couche de glace pouvant atteindre jusqu’à 3 km d’épaisseur et ayant un volume total de 70 millions de kilomètres cubes. La croûte terrestre s’est abaissée de 600 m à 700 m sous le poids de cette énorme couche de glace et les débris transportés (till) recouvrent par endroits le substrat rocheux granitique des collines. Des stries glaciaires (marques ressemblant à des cicatrices laissées par le passage du glacier) ont été repérées, surtout à l’est du territoire, sur certaines collines au nord du lac Beauport. Elles indiquent généralement le sens du déplacement du glacier (Brodeur et al., 2009).

Figure 2.2.1.1 : Caractéristiques géomorphologiques de la zone de la Capitale

La fonte des glaces, appelée déglaciation, a transporté et déposé différents matériaux sur la totalité du territoire. Dans le nord du bassin de la rivière Saint-Charles, des zones d’épandage proglaciaire, dont le dépôt est composé de sable, de gravier et de cailloux émoussés, sont observables sur une grande partie du lit d’écoulement de la rivière des Hurons ainsi qu’au sud des Trois Petits Lacs. Ces dépôts suivent un classement granulométrique de l’amont vers l’aval (Brodeur et al., 2009).

Le centre du bassin versant de la rivière Saint-Charles présente des caractéristiques géomorphologiques très semblables à celles du nord. En effet, ces deux régions comprennent des collines granitiques recouvertes de dépôts glaciaires (till) sur les hauteurs et de dépôts fluvioglaciaires dans les dépressions. Au sud du sous-bassin de la rivière Jaune, par exemple, les sédiments sont issus d’un épandage proglaciaire subaérien (sables, gravier et blocs) alors qu’au sud-ouest du lac Saint-Charles, le dépôt provient d’un épandage proglaciaire subaquatique (sables, sables silteux et un peu de gravier). Il existe aussi des zones de dépôts juxtaglaciaires (sables, gravier, blocs et un peu de till) trouées de petits kettles et renfermant des eskers. On retrouve ce type de dépôts, entre autres, au sud du sous-bassin du lac Beauport ainsi qu’au sud-ouest du lac Saint-Charles où existent d’importantes sablières et gravières. Dans le bassin versant de la rivière Saint-Charles, la présence de crag and tail qui présentent des structures géomorphologiques issues de la phase de fonte glaciaire est à noter (Brodeur et al., 2009).

Au moment de la déglaciation, le retrait du lourd manteau de glace a laissé place à la mer de Champlain. La lenteur du soulèvement de la croûte terrestre (qui tente de revenir à sa hauteur initiale après l’affaissement infligé par les glaces) et la rapidité de l’élévation du niveau de la mer ont été la cause de cette submersion. Le continent ayant toutefois continué à se soulever, l’eau de la mer de Champlain a finalement dû se retirer, laissant derrière elle différents sédiments marins, notamment au centre de la zone dans la région géologique des Basses-Terres du Saint-Laurent. Cependant, à l’extrême sud du territoire, les sédiments sont principalement des alluvions de terrasses fluviales (sable, silt sableux, sable graveleux et gravier contenant un peu de matière organique). La transition entre les dépôts de la mer de Champlain et les sédiments alluviaux se trouve à une altitude d’environ 60 m. Les principaux sédiments marins rencontrés sont des sédiments littoraux d’eaux peu profondes, stratifiés et généralement bien triés, constitués de sable, de sable graveleux ainsi que de gravier. Une partie de Québec et de L’Ancienne-Lorette (au nord de l’aéroport Jean-Lesage) et le sud du lac Saint-Charles présentent aussi des dépôts marins d’eaux profondes. Les dépôts marins deltaïques sont essentiellement repérés dans le sous-bassin de la Nelson, à Saint-Gabriel-de-Valcartier, à Shannon et au sud du sous-bassin de la rivière des Hurons.

SOURCES

BRODEUR, C., F. LEWIS, E. HUET-ALEGRE,Y. KSOURI, M.-C. LECLERC ET D. VIENS. 2009. Portrait du bassin de la rivière Saint-Charles, 2e édition. Conseil de bassin de la rivière Saint-Charles. 216 p + 9 annexes 217-340 pp.

GERARDIN, V. et Y. LACHANCE. Vers une gestion intégrée des bassins versants, Atlas du cadre écologique de référence du bassin versant de la rivière Saint-Charles, Québec, Canada, ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec, ministère de l’Environnement du Canada, 1997, 58 p.

ROBITAILLE, A. Guide pratique d’identification des dépôts de surface au Québec, 1996, 109 p.

BOLDUC, A. M., S.J. PARADIS,M. PARENT,Y. MICHAUD ET M. CLOUTIER. 2003. Géologie des formations superficielles, Québec, Commission géologique du Canada, dossier public no 3835, échelle 1/50 000 (version révisée), 2003.

MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA FAUNE DU QUÉBEC. 2003. Carte géologique du Québec (échelle 1 : 2 000 000), document no V 2002 06, édition 2002.

ÉTONGUÉ MAYER, R. Géomorphologie : principes, méthodes et pratiques, 2003, 496 p.

MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DES PARCS (MDDEP). 2010. Banque de données topographiques du Québec. Québec: Gouvernement du Québec.

Mis à jour le 21 janvier 2014