Bassin de la rivière du Cap Rouge / Qualité de l’eau de surface

2.5.2.2 Qualité de l’eau de surface

L’IQBP n’a pas été mesuré dans la rivière du Cap Rouge, mais plusieurs campagnes d’échantillonnage ont été menées par le Conseil de bassin de la rivière du Cap Rouge (CBRCR) afin d’analyser plusieurs paramètres de qualité de l’eau. De 2005 à 2010, cinq stations de suivi régulier ont été analysées une fois par mois pendant la période libre de glace (avril à décembre) pour un total de 43 échantillonnages (Roche, 2011a). En complément au programme de suivi régulier du CBRCR, un programme d’échantillonnage a été réalisé sur trois tributaires de la rivière par le groupe conseil Roche dans le cadre d’un projet de recherche et développement sur le transport sédimentaire dans le bassin versant de la rivière du Cap Rouge (Roche, 2010). L’objectif de cet échantillonnage était de mesurer l’influence de l’occupation du sol sur la qualité de l’eau des tributaires. Les stations ont été échantillonnées 3 fois du mois de mai à septembre par temps de pluie (Roche, 2010). Une campagne de suivi en milieu agricole a également eu lieu en 2010 et 2011 (Roche, 2011b, Trépanier, 2013) dans le cadre d’un projet en collaboration avec le MAPAQ et l’UPA (Prime-vert 10.2). La localisation des stations de suivi est présentée à la figure ci-dessous.

Figure 2.5.2.2.1 : Stations d’échantillonnage sur la rivière du Cap Rouge tiré de trois suivis effectués entre 2005 et 2011

Le phosphore a été mesuré lors des trois campagnes d’échantillonnage et les données sont présentées à la carte et au tableau ci-dessous.

Figure 2.5.2.2.2 : Concentration de la médiane et fréquence de dépassement en phosphore lors des trois campagnes d’échantillonnage de la rivière du Cap Rouge entre 2005 et 2010

Tableau 2.5.2.2.1 : Valeur médiane et fréquence de dépassement du critère A en phosphore lors de différentes campagnes d’échantillonnage sur la rivière du Cap Rouge (de 2005 à 2010)

Entre 2005 et 2010, les valeurs en phosphore total pour dans les stations de suivi régulier variaient entre <0,02 mg/L P et 0,61 mg/L P. Les médianes des données aux stations en aval de la rivière du Cap Rouge (R-2 à R-5) dépassent le critère de qualité A (30 µg/L). Seule la station témoin (R-1) au ruisseau Guillaume avait une valeur médiane de phosphore total en deçà du critère de qualité de 30 µg/L. Entre 68 % et 75 % des échantillons dépassaient cette limite pour les 4 stations du suivi régulier localisé en aval. Les concentrations en phosphore total mesurées dans la rivière du Cap Rouge lors du suivi en zone agricole varient entre <0,015 mg/L (station A-1 en 2011) et 2,66 mg/L (station A-3 en 2011) (Trépanier, 2013). La médiane des données pour chaque station en milieu agricole dépasse le critère de qualité A (Roche, 2011b). Lors du suivi, la limite de détection analytique utilisée pour les analyses du phosphore total était de 0,07 mg P/L et de 0,03 mg P/L en 2011. Lorsque les valeurs des échantillons se trouvaient en deçà de cette limite les valeurs ont été remplacées par la moitié de la valeur de la limite de détection. Ce traitement influence la valeur de la médiane qui est légèrement abaissée comparativement à la valeur de la médiane avec un traitement qui aurait éliminé les valeurs sous les limites de détection. En considérant que les stations A-1 (en amont de la rivière du Cap Rouge, au niveau du rang Petit-Capsa) et A-5 (ruisseau de l’Eau Claire) étaient les seules stations qui avaient une valeur médiane de <70 µg/L, on ne sait pas avec certitude si ces stations dépassaient ou non le critère de qualité en 2010. Toutefois, les valeurs médianes pour les stations A-2 (rivière du Cap Rouge aval embouchure ruisseau du Grand-Village), A-3 (ruisseau Béland), A-4 (ruisseau Jaune) et A-6 (rivière du Cap Rouge aval secteur agricole) dépassent certainement le seuil du critère de qualité A (Roche, 2011b). Les données collectées lors du suivi des tributaires par temps de pluie en 2009 présentent une valeur médiane qui respecte le critère de qualité A pour la station T-1 qui n’est que légèrement en aval de la station A-5 sur le ruisseau d’Eau Claire (n=3). Les données de phosphore recueillies à la station de suivi du tributaire sans nom T-2 qui se trouve à drainer un secteur agricole et industriel ont une valeur de médiane qui dépasse le critère de qualité A à chaque échantillonnage en temps de pluie (100 %, n=3) (Roche, 2010). Pour la station T-3 localisée dans le tributaire sans nom qui draine un territoire résidentiel et commercial ainsi qu’une partie du réseau autoroutier sur le territoire du bassin versant, la valeur de la médiane respecte le critère de qualité A pour le phosphore en temps de pluie (n=3) (Roche, 2010).

Les données de coliformes fécaux collectées durant la campagne de suivi régulier (2005 à 2010) et la campagne de suivi en milieu agricole (automne 2010) sont présentées à la figure et au tableau ci-dessous. Aucune donnée de coliformes fécaux n’a été collectée lors de la campagne de suivi des tributaires en 2009 (Roche, 2010).

Figure 2.5.2.2.3 : Concentration de la médiane et fréquence de dépassement en coliformes fécaux lors du suivi régulier et du suivi en milieu agricole de la rivière du Cap Rouge entre 2005 et 2010

Tableau 2.5.2.2.2 : Valeur médiane et fréquence de dépassement du critère A (200 UFC/100ml) en coliforme fécal lors du suivi régulier (2005 à 2010) et du suivi agricole (automne 2010) de la rivière du Cap Rouge

Entre 2005 et 2010, les concentrations de coliformes fécaux mesurées dans la rivière du Cap Rouge variaient entre 1 UFC/100 ml et >6000 UFC/100 ml (Roche, 2011a). En 2010, les concentrations de coliformes fécaux mesurées lors du suivi en zone agricole variaient de 0 à 10 000 UFC/100 ml (Roche, 2011b) alors qu’en 2011, on a observé une pointe à 24 400 UFC/100 ml à la station A-4(Trépanier, 2013).

Les concentrations les plus faibles et les moins variables ont été mesurées à la station A-1, avec une concentration médiane de 30 UFC/100 ml et une valeur maximale de 3 130 UFC/100 ml. Aux stations 2 à 6, les concentrations médianes varient de 232 à 560 UFC/100 ml. La station 4 possède de loin, la concentration médiane la plus élevée, avec 560 UFC/100 ml et la concentration maximale la plus élevée également, avec 24 400 UFC/100 ml. C’est également à cette station que la densité animale la plus forte est retrouvée (0,722 unité animale/hectare). En 2010, les concentrations en coliformes fécaux étaient significativement plus élevées aux stations 3 et 4 qu’à la station 1 (Roche, 2011). Mentionnons ici que les concentrations médianes de coliformes fécaux dépassent le critère de qualité de l’eau à des fins d’irrigation (100 UFC/100ml) aux stations A-2 à A-6 en milieu agricole (Roche, 2011b).

Les concentrations de matières en suspension mesurées dans la rivière du Cap Rouge sont présentées à la figure ci-dessous.

Figure 2.5.2.2.4 : Concentration de la médiane et fréquence de dépassement en MES lors des trois campagnes d’échantillonnage de la rivière du Cap Rouge entre 2005 et 2010

Tableau 2.5.2.2.3 : Valeur médiane et fréquence de dépassement du critère A en MES lors des trois campagnes d’échantillonnage de la rivière du Cap Rouge entre 2005 et 2010

Lors du suivi régulier de la qualité (2005 à 2010), les données ne dépassaient que rarement le critère de qualité A (6 mg/L). La médiane des données pour chaque station (R-1 à R-5) demeure toujours en deçà du critère A. Toutefois, l’échantillonnage est souvent réalisé en conditions de débit de base (1 fois par mois), de sorte que peu d’échantillonnages sont réalisés lorsque la majorité des matières solides est transportée par les eaux (Roche, 2011a). En zone agricole, les concentrations de MES varient entre 1 mg/L (station A-1) et 704 mg/L (station A-3) (Trépanier, 2013). La médiane des données pour chaque station respecte le critère de qualité A, sauf pour la station 3 où la médiane est de 12 mg/L (Trépanier, 2013). À noter que la médiane de la station 6 est nettement moins élevée en 2011 qu’en 2010, où elle atteignait 18,75 mg/L. La fréquence plus élevée des échantillonnages pourrait expliquer ce phénomène. Lors du suivi des tributaires en 2009, les médianes des données récoltées en temps de pluie (n=3) dépassent toutes le critère de qualité A pour les MES (Roche, 2010). Ces données ont été récoltées en temps de pluie afin de mieux représenter le transport de sédiments que les données collectées lors du suivi régulier avaient tendance à sous représenter (Roche, 2010).

Les critères et recommandations associés aux matières en suspension sont relatifs aux teneurs de fond (ambiantes) du milieu. (Roche, 2011a). Ainsi, les valeurs en teneur de fond des MES, pour chaque station du suivi régulier (R-1 à R-5) ont été calculées en prenant le 90e percentile des données disponibles pour chaque station (Roche, 2011a). Pour le secteur agricole, la valeur de teneur de fond a été estimée en calculant le 90e percentile des données disponibles, toutes stations confondues. Les données sont comparées aux valeurs de fond dans les tableaux ci-dessous.

Figure 2.5.2.2.5 : Recommandations pour la qualité des eaux établies pour les sédiments en suspension à des fins de protection de la vie aquatique (CCME, 2002)

Tableau 2.5.2.2.4 : Respect des critères de protection de la vie aquatique pour les MES dans la rivière du Cap Rouge lors du suivi régulier en comparant le critère aux valeurs de fond (Roche, 2011a)

Tableau 2.5.2.2.5 : Respect des critères de protection de la vie aquatique pour les MES en zone agricole dans la rivière du Cap Rouge – données automne 2010(Roche, 2011 b)

Les concentrations de matières en suspension mesurées dans la rivière du Cap Rouge lors du suivi régulier de la qualité de l’eau respectent toujours les critères de protection de la vie aquatique face aux valeurs de fonds calculées (Roche, 2011a). Mentionnons toutefois encore que l’échantillonnage est souvent réalisé en conditions de débit de base, de sorte que peu d’échantillonnages sont réalisés lorsque la majorité des matières solides est transportée par les eaux. La médiane des données pour chaque station en milieu agricole respecte toujours les critères de protection de la vie aquatique, malgré que certains échantillons dépassent les critères (Roche, 2011b).

D’autres paramètres ont été suivis dans le cadre du suivi régulier de la rivière du Cap Rouge soient les ions chorure, la DBO5, ainsi que certains hydrocarbures et métaux.

Les concentrations d’ions de chlorure ont été mesurées entre 2005 et 2008 aux 5 stations de suivi régulier de la rivière du Cap Rouge. Les concentrations varient entre <2 et 120 mg/L. Les chlorures respectent les critères de protection de la vie aquatique. Toutefois, lors de l’étude des tributaires de 2009 par Roche (Roche 2010), la station T-3, située sur un tributaire rejoignant la rivière du Cap Rouge à la hauteur de la rue du Capitaine-Bernier, présente une concentration en ions chlorures dépassant le critère de protection de la vie aquatique pour les effets chroniques (n=1/3 >230 mg/L ).

La demande biologique en oxygène (DBO5) respectait aussi les critères de qualité aux stations de suivi régulier (R-1 à R-5) (Roche, 2011a).

Les hydrocarbures C10-C50 ont été mesurés aux stations R1 à R5 entre 2005 et 2008 et varient entre <0,3 mg/L et 0,62 mg/L. La présence d’hydrocarbures à des concentrations excédant la limite de détection (0,3 mg/L) n’a été notée que dans 4 % des échantillons d’eau, soit aux stations R-1, R-4 et R-5. La concentration maximale de 0,62 mg/L a été mesurée à la station 5. Aucun critère de qualité de l’eau n’a été retenu pour les hydrocarbures C10-C50.

La concentration de plusieurs métaux (cadmium, chrome, cuivre, étain, nickel, plomb et zinc) a été mesurée dans la rivière du Cap Rouge dans le cadre du suivi régulier (Roche, 2011a). Pour plusieurs métaux, les limites de détection analytiques utilisées sont parfois plus élevées que les critères et recommandations, et ce particulièrement à la station R-1, ce qui limite la capacité d’interprétation des données par rapport aux usages. Quant aux données pour lesquelles la limite de détection est inférieure aux critères, la médiane des données pour chaque station est toujours sous les critères de qualité pour tous les métaux à l’exception du zinc. Le cuivre n’est détecté que dans 4 % des échantillons, tandis que le cadmium, le nickel et le plomb sont détectés dans environ le tiers des échantillons. Le zinc et l’étain sont quant à eux les métaux les plus abondants dans l’eau de la rivière du Cap Rouge.

Il est important de noter que pour l’évaluation de certains critères et recommandations, il est nécessaire de connaître la dureté de l’eau. C’est entre autres le cas pour les métaux dont la toxicité diminue lorsque la dureté augmente. Dans le cadre du suivi régulier de la qualité de l’eau, la dureté de l’eau n’a pas été analysée. Par contre, quelques mesures de dureté ont été prises dans le cadre du suivi des tributaires de la rivière du Cap Rouge, à raison de 2 mesures par station (Roche, 2010). Selon ces données, la dureté varie grandement dans l’espace et dans le temps dans le bassin versant de la rivière du Cap Rouge. Ainsi, pour évaluer la toxicité des métaux dans le cadre du suivi régulier en fonction des critères de qualité de l’eau, une dureté moyenne de 57 mg CaCO3/L a été associée à la R1. Pour les stations plus en aval, une dureté moyenne de 230 mg CaCO3/L a été appliquée (Roche, 2011a).

Pour tous les métaux et pour chaque station du suivi régulier (R1 à R5), la médiane des données répond toujours aux critères de protection de la qualité de l’eau pour l’irrigation des cultures et l’abreuvement des animaux. Selon le critère de qualité de l’eau du MDDEFP (2013) pour la prévention de la contamination des organismes aquatiques (CPC(O)), les poissons pêchés dans la rivière du Cap Rouge pourraient être consommés sans risque important pour la santé humaine. En effet, le critère est respecté pour tous les métaux et à toutes les stations (Roche, 2011a).

Le zinc est le métal le plus problématique dans la rivière du Cap Rouge. Les valeurs mesurées varient entre <0,01 mg/L à 0,39 mg/L. La médiane des données pour chaque station atteint ou dépasse les recommandations du CCME pour la protection de la vie aquatique à toutes les stations.

Tableau2.5.2.2.6 : Respect des critères de protection de la vie aquatique pour le zinc dans la rivière du Cap Rouge — suivi régulier (Roche, 2011a)

SOURCES

CONSEIL CANADIEN DES MINISTRES DE L’ENVIRONNEMENT (CCME). 2002. Recommandations canadiennes pour la qualité des eaux : protection de la vie aquatique — matières particulaires totales, dans Recommandations canadiennes pour la qualité de l’environnement, 1999, Winnipeg, le Conseil. 15 pages.

CONSEIL DE BASSIN DE LA RIVIÈRE DU CAP ROUGE (CBRCR). 2009. Portrait du bassin versant de la rivière du Cap Rouge. 106 pages.

GAUDETTE, N., VILLENEUVE, N. ET JUNEAU, A., 2011. Suivi de la qualité de l’eau de la rivière du Cap Rouge dans la zone agricole de son bassin versant. Soumis par le Syndicat de l’UPA Québec, Jacques-Cartier. 28 pages.

MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA FAUNE ET DES PARCS (MDDEFP). 2013. Critères de qualité de l’eau de surface, 3e édition, Québec, Direction du suivi de l’état de l’environnement, ISBN 978-2-550-68533-3 (PDF), 51 p. et 16 annexes.

ROCHE Ltée. 2010. Projet de recherche et développement sur le transport sédimentaire dans le bassin versant de la rivière du Cap Rouge. N/Réf. : 558587100. 137 pages + 3 annexes.

ROCHE Ltée. 2011 a. Suivi de la qualité de l’eau (2005-2010) de la rivière du Cap Rouge. N/Réf. : 621717100. 73 pages + 7 annexes.

ROCHE Ltée. 2011 b. Suivi de la qualité de l’eau dans la zone agricole du bassin versant de la rivière du Cap Rouge – Automne 2010. N/Réf. : 621717100. 51 pages + 5 annexes.

TRÉPANIER, J., 2011. Diagnostic du bassin versant de la rivière du Cap Rouge. Organisme des bassins versants de la Capitale, Québec. 115 pages.

TRÉPANIER, J., 2013. Rapport d’interprétation de la qualité de l’eau de 2010 à 2011 de la rivière du Cap Rouge dans la zone agricole de son bassin versant. Organisme des bassins versants de la Capitale et Conseil de bassin de la rivière du Cap Rouge. 42 pages.

Mis à jour le 16 février 2015

 

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